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Maladie de Parkinson

Traitement

maladie de Parkinson (MP), d'arrêter sa progression quand elle est manifeste sur le plan clinique ou d'inverser le processus dégénératif. Ceci dit, la recherche en cours semble effectivement mettre en évidence des possibilités prometteuses dans le proche avenir.

Même si la prise en charge de la MP a changé au cours des dernières années, elle reste ancrée à:

  • une prise en charge pharmacologique des symptômes de la MP (voir Tableau 6),
  • une prise en charge pharmacologique et, dans les cas réfractaires, chirurgicale des complications des traitements symptomatiques,
  • une prise en charge pharmacologique des complications non motrices et des comorbidités de la MP,
  • le soutien physique, psychologique et social des victimes de la MP et de leurs soignants.

Bien que la recherche d'une extension de l'efficacité et d'une limitation ou d'une abolition des conséquences défavorables du traitement chronique ait rencontré quelque succès dans les années récentes, l'agent idéal pour arrêter ou inverser le processus dégénératif de la MP reste insaisissable. Une revue récente de la prise en charge de la MP (Goetz et al, 2002) n'a découvert aucune preuve convaincante des propriétés neuroprotectrices de n'importe quel traitement actuel (voir Tableau 7).

C'est pourquoi les objectifs du traitement sont - le plus possible - de limiter l'impact des symptômes moteurs de la MP et d'éviter les complications du traitement symptomatique chronique. En général, cependant, l'objectif principal du traitement est de préserver, aussi longtemps que possible, la qualité de vie des parkinsoniens.

Pour atteindre ces objectifs, il convient de mettre en balance certains principaux points de décision, en particulier :

  • quand faut-il entreprendre une prise en charge active?
  • quel(s) agent(s) faut-il utiliser et à quel stade de la maladie?
  • faut-il recourir, et quand, à des procédures radicales?

Dans la prise en charge clinique de la MP, il est vital d'impliquer activement la personne atteinte par la maladie de Parkinson et ses soignants dans les décisions thérapeutiques clés, afin d'obtenir les meilleurs résultats. Par conséquent, la première priorité est d'obtenir la confiance du patient et d'établir des rapports efficaces avec lui; cela nécessitera sa compréhension de l'importance de sa propre évaluation des effets du traitement et de la MP. L'éducation du patient s'avérera essentielle et le thérapeute a pour rôle de fournir les informations ou les sources d'information nécessaires.

Début du traitement actif

L'instauration du traitement actif est aussi critique que n'importe quelle décision thérapeutique au cours de la prise en charge du parkinsonien. La décision d'instaurer, ou de ne pas instaurer, un traitement actif dépendra des circonstances dans lesquelles se trouve le patient, y compris son âge et son statut professionnel. Il est également important, à ce stade et pendant le traitement, que le patient soit intimement impliqué dans la décision et qu'il en comprenne le pour et le contre en plus du degré d'incertitude du diagnostic et du pronostic à long terme.

La prise en charge d'individus dépend souvent plus fortement du jugement clinique que des preuves apportées par les essais cliniques. Bien qu'il ait souvent été proposé de faire des distinctions entre les groupes d'âge, il est plus important de prendre en considération l'âge physiologique plutôt que l'âge chronologique

Il n'existe aucune preuve convaincante qu'un traitement précoce, à l'aide de n'importe quelle drogue, retarde la progression de la MP et il existe peu de preuves indiquant que ce traitement est bénéfique avant que les symptômes aient un impact important sur le fonctionnement et la qualité de vie de la personne atteinte par la maladie de Parkinson. En l'absence de preuve du contraire, il reste préférable de ne pas traiter la MP précoce mais d'en surveiller régulièrement l'évolution.

Malgré tout, la MP commencera inévitablement à interférer avec le fonctionnement normal et un traitement symptomatique deviendra nécessaire.

Traitement pharmacologique

La lévodopa, le pilier de la prise en charge à long terme de la MP, est essentiellement une prodrogue inactive mais qui, après avoir traversé la barrière hémato-encéphalique, est métabolisée en dopamine. Elle est cependant immédiatement métabolisée en périphérie (métabolisme de premier passage), ce qui réduit sérieusement la quantité de lévodopa disponible dans le système nerveux central (voir Figure 2). Avec une demi-vie très courte de 60 à 90 minutes, il est très difficile d'assurer l'approvisionnement relativement constant et physiologique du striatum en dopamine.

Figure 2: Diagramme représentant le métabolisme de la lévodopa à la périphérie et dans le système nerveux central.

On a emprunté trois approches principales pour tenter d'atténuer les 'bosses' consécutives au dosage répété de la lévodopa.

  1. Suppression de l'une ou l'autre voie métabolique - métabolisme périphérique ou central.
  2. Utilisation d'une forme de lévodopa à libération contrôlée.
  3. Utilisation de nombreuses petites doses fractionnées. Cette approche peut avoir pour résultat des doses sous-thérapeutiques si la dose quotidienne totale n'est pas augmentée, et une posologie invitant à la non-observance

La lévodopa traverse la paroi intestinale via le système de transporteur aromatique et de la chaîne d'acide aminé 'L' branchée où la plus grande partie est décarboxylée en périphérie en ne laissant qu'une très faible partie atteindre la circulation cérébrale. On a estimé que seulement 1% traverse réellement la BHC pour atteindre le striatum. Par conséquent, la lévodopa est administrée avec un inhibiteur de la décarboxylase périphérique comme la bensérazide ou le carbidopa qui inhibe la dopa décarboxylase périphérique et permet donc à la lévodopa d'atteindre en quantité plus importante la BHC et de la traverser.

Bien qu'un inhibiteur de la décarboxylase aide à introduire la lévodopa dans la circulation, la plus grande partie de celle-ci reste métabolisée à la périphérie (métabolisme de premier passage) par la voie de la cathéchol-oxyméthyltransférase (COMT) (voir Figure 2).

Même si la lévodopa reste le traitement le plus efficace des symptômes moteurs de la MP, tous les patients risquent des complications à plus long terme. Par conséquent, les patients atteints par une MP à début précoce (MPP) qui présentent un risque particulier de réaction fluctuante (91% après 5 ans, 100% après 10 ans), devraient commencer à prendre un agoniste de la dopamine avec d'autres possibilités plus ou moins notées par ordre de préférence (voir Tableau 7). Le traitement des jeunes patients ne doit pas commencer par la lévodopa

Parmi les autres agents destinés au traitement de la MP, on compte notamment :

  • les agonistes de la dopamine,
  • les inhibiteurs de la monoamine-oxydase B (IMAO-B),
  • l'amantadine,
  • les anticholinergiques (si le tremblement domine),
  • les inhibiteurs COMT.

Les agonistes de la dopamine
Les agonistes de la dopamine agissent directement au niveau des récepteurs de la dopamine du striatum, contournant ainsi le besoin de conversion métabolique et de stockage. Ils constituent, après la lévodopa, le traitement le plus efficace de la MP et sont probablement préférés comme traitement initial dans la plupart des cas. Six d'entre eux sont actuellement disponibles,et notamment :

  • la bromocriptine,
  • la cabergoline,
  • le lisuride,
  • la pergolide,
  • la pramipexole,
  • le ropinirole.

Les preuves fournies par les études consacrées au plus récent, le ropinirole, apportent les preuves les plus solides en faveur des agonistes de la dopamine en tant que traitement de première ligne de la MP. Dans une étude comparative de 3 ans entre le ropinirole et la bromocriptine (Korczyn et al, 1999), respectivement 60% et 55% des patients ont terminé la période d'essai étant traités par l'agoniste seul, avec seulement 3% de dyskinésies dans les deux groupes. Les scores de la motricité et des activités quotidiennes étaient plus élevés, à la fin de l'étude, dans le groupe ropinirole. Ces études démontrent que la monothérapie avec les agonistes de la dopamine au cours des premières années de la MP est pratique, sûre et efficace et doit être sérieusement envisagée comme traitement de choix.

L'avantage des agonistes de la dopamine peut dériver de leurs profils cinétiques, qui montrent habituellement une demi-vie de 3 à 5 fois plus longue que celle de la lévodopa; ceci pourrait entraîner une variabilité réduite de la stimulation des récepteurs du striatum. Les agonistes de la dopamine ont aussi fait la preuve de leur utilité comme traitement d'appoint dans les derniers stades de la MP, en réduisant la dose de lévodopa nécessaire, en augmentant la durée des périodes "on" et en réduisant les dyskinésies. On n'a pas déterminé si la combinaison thérapeutique d'une faible dose de lévodopa et d'un agoniste de la dopamine peut encore retarder l'apparition de complications du traitement.

Finalement, il faut noter que l'apomorphine, administrée par la voie sous-cutanée ou à l'aide d'une pompe à perfusion, peut être utilisée, en particulier dans le stade ultime de la maladie pour traiter l'apparition de phénomènes "off" soudains. L'apomorphine n'est pas recommandée comme traitement initial.

Inhibiteurs de la monoamine-oxydase
Ces drogues améliorent l'approvisionnement en dopamine en inhibant l'activité de la voie métabolique monoamine-oxydase; Dans cette classe de médicaments, la sélégiline a été la plus largement étudiée et la plus utilisée. Même si certaines preuves indiquent que la sélégiline peut avoir un effet neuroprotecteur, celui-ci n' a pas été cliniquement confirmé.

Par conséquent, l'utilisation de la sélégiline en monothérapie est - comme pour l'amantadine - limitée aux jeunes patients atteints de la forme précoce de la maladie et sans symptômes invalidants. Il convient d'éviter les doses élevées (>30 mg/jour) car l'inhibition de la MAO-A qui s'ensuit peut provoquer une interaction diététique et une crise hypertensive ('effet fromage'). Il faut utiliser des doses normales de 5-10 mg/jour, administrées de préférence le matin pour éviter tout trouble du sommeil.

Les inhibiteurs de la MAO-B sont utiles comme adjuvants de la lévodopa car il peuvent inhiber efficacement le métabolisme périphérique important de la lévodopa en permettant ainsi le maintien des effets thérapeutiques avec des doses réduites de lévodopa.

Amantadine
Egalement indiquée comme antiviral, le mécanisme d'action de l'amantadine contre la MP reste inconnu, bien qu'elle possède des propriétés anticholinergiques connues et des rapports indiquent qu'elle pourrait libérer de la dopamine à partir des neurones neurones centraux, retarder l'entrée de la dopamine dans les neurones et bloquer les neurones NMDA.

Chez les personnes présentant des symptômes légers de MP, l'amantadine peut aussi améliorer les symptômes et est tenue pour utile comme adjuvant de la lévodopa dans le dernier stade de la maladie. Son effet est modeste, mais peut diminuer toutes les caractéristiques importantes et réduire les dyskinésies.

Anticholinergiques
La MP provoque un déséquilibre acétylcholine - dopamine dans le striatum dû à la pénurie d'approvisionnement en dopamine. Les anticholinergiques (utilisés habituellement avant l'apparition de la lévodopa) peuvent corriger ce déséquilibre dans une certaine mesure, et améliorer les symptômes de la MP - surtout les tremblements tremblements. Cependant, certains individus présentent des réactions hautement variables au traitement anticholinergique. Les anticholinergiques doivent être évités chez les patients âgés à cause de leurs effets secondaires - en particulier la confusion et certains autres symptômes cognitifs.

Inhibiteurs de la catéchol-oxyméthyltransférase
Les inhibiteurs de la COMT - le tolcapone (inhibition périphérique et centrale) et l'antacapone (inhibition périphérique) - ont été utilisés pour accroître la demi-vie de la lévodopa. Le tolcapone est actuellement retiré de la plupart des marchés à cause d'un problème d'hépatotoxicité, mais il est toujours utilisé dans certains pays pour certains patients individuels. Les inhibiteurs de la COMT n'ont aucun effet en monothérapie et doivent être combinés avec la lévodopa pour réduire les doses de lévodopa nécessaires, réduire le temps "on" et améliorer les symptômes moteurs.

L'autre approche principale pour améliorer la durée de l'effet de la lévodopa est le développement d'une formule à libération contrôlée combinant la lévodopa et la dopadécarboxylase. La formule à libération contrôlée a fait preuve d'une innocuité et d'une efficacité égales dans une étude comparative de 5 ans avec la formule standard (Koller et al, 1999) et les scores des activités de la vie quotidienne de l'UPDRS étaient en faveur de la formule à libération contrôlée.

Poursuite du traitement

Après le début du traitement, il est nécessaire de revoir régulièrement celui-ci pour l'optimiser. De nombreux parkinsoniens seront capables de modifier leur régime posologique pour l'adapter le mieux possible à leur situation personnelle et doivent être encouragés à pratiquer ce partenariat chaque fois que ce sera possible.

Complications du traitement

En raison de la progression inexorable de la MP, des complications surviennent inévitablement. Elles comportent :

  • des réactions fluctuantes, y compris celles liées à la dose, à la perte d'efficacité et au phénomène "on/off",
  • une hypotension orthostatique,
  • des problèmes gastro-intestinaux,
  • des dyskinésies,
  • une défaillance médicamenteuse,
  • une instabilité posturale,
  • des perturbations de la marche.

Fluctuations de la réaction
liées à la dose
. Divers effets pharmacocinétiques et pharmacodynamiques peuvent provoquer des fluctuations de la réaction à la lévodopa. Celles-ci comprennent des facteurs affectant le vidage de l'estomac tels que l'acidité, les anticholinergiques et la nourriture. Les modifications liées au traitement survenant dans le système nerveux central peuvent aussi affecter les propriétés pharmacodynamiques de la lévodopa. Des facteurs tels que la diminution des réserves de dopamine du striatum, l'endommagement des neurones dopaminergiques par des dérivés du métabolisme de la dopamine ou des altérations des récepteurs de la dopamine peuvent être invoqués.

Perte d'efficacité. C'est la fluctuation la plus fréquente et elle se caractérise par des périodes bénéfiques plus courtes après chaque dose de lévodopa. La perte d'efficacité est un phénomène régulier et prévisible lié à la dégénération du système nigro-striatal, qui reflète l'extension de la perte de dopamine par le système nigro-striatal.

Phénomène "on/off". Avec le temps et la progression de la dégénération neuronale, les fluctuations par perte d'efficacité relativement prévisibles peuvent céder la place à un phénomène "on/off" brutal et imprévisible qui se caractérise par le passage brusque et imprévisible d'un état où les symptômes sont contrôlés ("on") à une période où ils ne le sont pas ("off"), ainsi que par des dyskinésies Pendant cette phase, les parkinsoniens peuvent présenter des symptômes sensoriels, psychiatriques et autonomes. Il s peuvent se plaindre de douleurs, de paresthésies, de sudation, de constipation ou d'essoufflement, généralement pendant les périodes "off". Les fluctuations "on/off" sont associées à une baisse du seuil d'apparition des dyskinésies.

La prise en charge des fluctuations motrices peut impliquer un délicat équilibrage du régime d'administration, des doses et des médicaments. L'objectif consiste à atteindre un effet maximum sans dépassement - cet objectif est difficile à atteindre.

Quand le problème s'avère lié à la demi-vie, l'ajout d'agonistes de la dopamine permettra probablement d'adoucir les fluctuations et la lévodopa devrait avoir un effet optimal avec une tolérabilité acceptable. Les inhibiteurs COMT ou la sérégiline peuvent aussi s'avérer utiles pour contrôler le phénomène de perte d'efficacité.

Hypotension orthostatique
L'hypotension orthostatique est fréquente dans la MP - elle est provoquée soit par la maladie, soit par le traitement Bien que la plupart des médicaments utilisés dans la MP puissent provoquer ou exacerber le problème, les agonistes de la dopamine sont les causes les plus probables de l'hypotension orthostatique. Si l'étourdissement au lever ou en station debout est léger, il peut être géré en prenant soin d'éviter tout passage brusque de la position couchée à la position debout tout en s'assurant de disposer d'un support stabilisateur.

Si le problème est grave, on peut utiliser un des produits pharmaceutiques qui augmentent la tension artérielle, mais ceux-ci peuvent provoquer chez les personnes âgées atteintes par la MP des effets secondaires problématiques tels que des oedèmes, une insuffisance cardiaque congestive ou une hypertension en position couchée. La dompéridone, un agent bloquant périphérique de la dopamine, exerce, selon certains rapports, des effets positifs sur l'hypotension orthostatique des parkinsoniens.

Problèmes gastro-intestinaux
La constipation, due à une diminution de la motilité intestinale secondaire au dysfonctionnement du système autonome, est une plainte fréquente chez les parkinsoniens. Elle peut être exacerbée par la plupart des médicaments antiparkinsoniens aussi bien que par un régime pauvre en fibres, une prise de boissons inadéquate et le manque d'exercice. La correction de ces problèmes peut atténuer le problème. Les agents formant balast, les produits qui amollissent les selles (p.ex. le docusate) et, dans les cas graves, des lavements peuvent être envisagés, outre certains agents qui accélèrent le vidage de l'estomac.

Les nausées sont un effet défavorable de tous les agents dopaminergiques Prendre la lévodopa avec de la nourriture peut les atténuer, mais cette approche peut aussi provoquer des défaillances médicamenteuses si l'absorption est trop réduite. La dompéridone s'est avérée également très efficace dans le soulagement des nausées chez les parkinsoniens.

Dyskinésies
Dans la MP, les dyskinésies peuvent comporter soit un mouvement involontaire (dystonie) ou des difficultés dans les mouvements volontaires. C'est une caractéristique fréquente de la MP et elle peut être liée à un traitement inadéquat ou à maladie elle-même. La dyskinésie est habituellement associée avec des pics du profil cinétique de la lévodopa mais elle peut parfois survenir entre les phases 'on' et 'off' d'une réaction fluctuante.

Les dyskinésies induites par la lévodopa peuvent être divisées en trois classes principales :

  • dyskinésies ‘on’ : avec mouvements dystoniques, chorée,
  • dyskinésies ‘off’ : postures dystoniques, en particulier au niveau du pied,
  • dyskinésies dysphasiques : se manifestent le plus souvent comme un aspect de dyskinésie à la fois au début et à la fin de l'intervalle entre les doses de lévodopa.

Les dyskinésies peuvent être améliorées par de faibles réductions de la dose de lévodopa et l'ajout d'un agoniste de la dopamine pour aider au maintien du contrôle moteur. L'amantadine peut aussi être utile pour réduire les dyskinésies et les fluctuations motrices. Les dyskinésies diphasiques peuvent réagir à des intervalles très courts entre les doses qui, dans certains cas, ne seront obtenus qu'avec une préparation liquide de lévodopa ou une perfusion de lévodopa ou d'agonistes de la dopamine comme le lisuride et l'apomorphine. La chirurgie (pallidum et noyau subthalamique) peut également s'avérer utile.

Défaillance médicamenteuse
Apparaissant habituellement dans l'après-midi ou le soir, la défaillance de la lévodopa peut être liée à un retard du vidage de l'estomac ou à une absorption inadéquate. Les agents qui améliorent la motilité gastrique ou des modifications diététiques peuvent s'avérer utiles.

Blocage
Il s'agit d'un type d'akinésie pouvant survenir au stade 'on' - mais le plus souvent au stade 'off' - qui comporte souvent une difficulté à se mettre à marcher ou une immobilité soudaine pendant la marche ou l'exécution d'une tâche. La cause en est un mystère, mais ce phénomène est parfois aidé par des signaux visuels, indiquant un dysfonctionnement de la boucle striatale de la vision périphérique. Le blocage est exacerbé par le stress. L'apomorphine est utile et, selon certaines indications, l'amantadine peut être également efficace dans le soulagement du blocage chez les parkinsoniens.

Instabilité posturale
L'instabilité est une des caractéristiques habituelles du stade avancé de la MP et ne réagit pas à la lévodopa. En fait, la lévodopa peut simplement permettre aux patients de marcher et, par conséquent, les met à risque de chutes. Il n'existe aucun traitement efficace de l'instabilité posturale; les patients mobiles à risque doivent se servir d'un ambulateur ou d'un dispositif analogue pour minimiser le risque.

Perturbations de la marche
La marche lente, traînante est une caractéristique fréquente de la MP. Le problème survient à cause de l'asymétrie de la marche, dans laquelle la personne atteinte par la maladie de Parkinson déplace régulièrement son poids d'un côté à l'autre. Des problèmes de démarrage de la marche (démarrage hésitant) peuvent exister aussi et, chez ceux qui présentent une instabilité posturale, un accroissement du risque de chute. La médication optimale revêt une importance capitale, mais la physiothérapie peut aider à réduire le problème autant que possible en apprenant au parkinsonien des techniques qui l'aident à contrôler les déplacements de son poids et ses problèmes de démarrage.

Traitement non-pharmacologique

Les interventions non-pharmacologiques peuvent contribuer à réduire le handicap au minimum et améliorer la qualité de vie des parkinsoniens et de leurs soignants. Elles obtiennent les meilleurs résultats en tant que partie intégrante du programme de traitement par une équipe pluridisciplinaire comportant :

  • des physiothérapeutes : pour augmenter au maximum la capacité fonctionnelle et réduire au minimum les complications secondaires grâce à la rééducation des mouvements,
  • des ergothérapeutes : pour maintenir à un niveau optimal les soins auto-administrés, le travail et les activités de loisir des patients aussi longtemps que possible,
  • des logopèdes : pour apporter une aide dans les troubles de la parole ou dysarthries et la dysphagie résultant de perturbations du contrôle musculaire,
  • des infirmières s'occupant de la continence : pour les perturbations vésicales dans la MP avancée,
  • des diététiciens : pour réduire au minimum la perte de poids souvent observée dans la MP,
  • des psychologues : pour aider à évaluer les symptômes psychiatriques qui peuvent être liés à la maladie ou aux médicaments,
  • des infirmières spécialistes de la MP : pour coordonner les soins et assurer une liaison importante entre le patient et les soignants/proches ainsi que les soins primaires et secondaires.

La chirurgie
Les limites évidentes du traitement pharmacologique à long terme de la MP, ainsi que les progrès des techniques chirurgicales et de la compréhension de l'anatomie du système nerveux ont mené au recours à la chirurgie lorsque les symptômes réfracteurs deviennent handicapants. Parmi ces interventions, citons par exemple :

  • La pallidotomie - utile en cas de fluctuations motrices et relativement utile pour traiter les tremblements, les phénomènes 'on/off' et les dyskinésies. Mais elle est peu efficace pour les troubles de l'équilibre et de la marche. La pallidotomie bilatérale peut provoquer une altération cognitive et il existe un risque d'effets sur le champ visuel.
  • La thalamotomie – bénéfique pour les tremblements bien qu'il existe, en cas de thalamotomie bilatérale, un risque élevé d'effets défavorables sur la parole et la déglutition, qui doit être mis en balance avec tout bénéfice éventuel.
  • La stimulation cérébrale profonde chronique (SCP) - possède des effets similaires à ceux de la thalamotomie avec l'avantage d'être réversible si nécessaire, et ses effets peuvent être modulés dans le temps et permettre une intervention chirurgicale bilatérale. On dispose de bonnes données à long terme sur la diminution des tremblements par la SCP dans la région IVM. La SCP du noyau Gpi peut réduire les dyskinésies, l'akinésie et la rigidité; ses effets sont durables. La SCP du noyau subthalamique constitue une approche relativement nouvelle, mais une période de suivi de 10 ans chez certaines personnes atteintes par la MP ayant subi une SCP permet de constater des effets antiparkinsoniens importants, permettant des réductions importantes dans le temps des médicaments (50% environ) (The Deep Brain Stimulation for Parkinson’s Disease Study Group, 2001; Volkman et al, 2002).

Perspectives d'avenir

Tandis que les interventions actuellement disponibles visent un soulagement symptomatique, une recherche intense est en cours et vise la prévention, l'arrêt et l'inversion de la progression de la MP.

Traitements symptomatiques nouveaux
Ces médicaments classiques visent différents objectifs incluant :

  • les antagonistes de l'adénosine A2A,
  • les antagonistes opioïdes,
  • les antagonistes de la NMDA.

Neuroprotecteurs
Ces agents ont pour but d'arrêter ou de ralentir le processus de mort cellulaire, la plupart d'entre aux utilisent des agents pharmacologiques pour inhiber l'apoptose. On a suggéré que certains médicaments existants de la MP auraient de telles propriétés, mais il existe très peu de preuves pour le confirmer. Parmi les nouvelles approches, on compte :

  • les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase 2,
  • les facteurs neurotrophiques,
  • les immunophilines non immunosupressives.

Implants cellulaires
Le remplacement de neurones par la transplantation de cellules foetales et de cellules souches entrepris en clinique a donné des résultats variables. Cependant, les résultats positifs dans un petit nombre de cas ont été suffisants pour encourager des efforts ayant pour but d'affiner et de contrôler le processus. Les approches étudiées activement comprennent les lignées cellulaires immortalisées et les cellules précurseurs des neurones.

Régénération cellulaire
On sait que les facteurs de croissance impliquées dans le développement peri- et post-natal du cerveau cerveau restent dans le cerveau de l'adulte mais sont inhibés. Les processus capables de lever cette inhibition, de même que les méthodes de remplacement des facteurs de croissance, font l'objet d'une recherche active.

Thérapie génique
Les changements génétiques associés à la mort des cellules du système nerveux central ouvrent une autre voie vers l'évitement ou l'interruption des modifications dégénératives. Les efforts de recherche comprennent des méthodes ex-vivo utilisant des cellules autologues et des méthodes in vivo utilisant des vecteurs viraux ou le transfert direct d'ADN plasmidique.

 

 

 

 

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